des pays lointains

????????????????????????????????????

Pour commencer je dois vous avouer quelque chose. Il y a fort longtemps j’ai failli mourir.

Mourir d’ennui en regardant le film aux 8 oscars, le cultissime Autant en apporte le vent. Oui j’avoue (comme j’avouerais un vice caché, je n’ai pas pleuré devant les amours de Scarlett O’Hara  et Rhett Butler).

Cet été, comme tous les autres étés j’ai décidé, de participer au challenge de Brize: lire un pavé.

Lire était déjà une épreuve pour « mon cerveau à l’envers » alors lire un pavé!!!  j’ai bien cru y laisser la peau encore une fois…Mais j’avais envie d’une histoire romantique. J’ai trouvé le titre  Les pays lointains vraiment cool. C’est une invitation aux voyages.

Avec ses 1037 pages le roman de Julien Green entre dans cette catégorie: pavé, amour et dépaysement. J’ai plongé dans cette histoire en juillet et j’en ressors  trois mois plus tard PANTELANTE. Mais je voulais terminer coûte que coûte ce roman.

Comme dans Autant en apporte le vent, l’histoire se passe en Amérique, au temps de l’esclavage. Entre les Etats du Sud et les Etats du Nord la tension est au plus haut. La guerre de Sécession est proche.  Il y a une héroïne, jeune, belle, avec un caractère de chien. Elle s’appelle Elizabeth. Comme Scarlett, elle a 16 ans, c’est la plus belle fille à la ronde et tous les hommes sont à ses pieds.

Mais hélas son père est mort en laissant des dettes. Elle et sa mère sont ruinées et doivent compter sur la générosité d’un cousin. Ce dernier est plein aux as. Il a fait fortune dans les plantations de coton. Ils vivent dans des demeures splendides, organisent des fêtes monumentales. Elizabeth est éblouie. Moi aussi. Elle va dans les grands magasins, dépense sans compter en achetant autant de robes qu’elle veut.

Je me prends à rêver….

Les jours passent. Chacun s’occupe comme il peut. Ils n’ont rien à faire, puisqu’ils ont des esclaves pour satisfaire leur moindre désir. Oups il ne faut pas dire esclave, mais serviteur. C’est une société très hypocrite. Tout est dans le non dit. Par exemple les sous-vêtements sont appelés les inexprimables.

Comme dans toutes les histoires sentimentales de cette époque, les jeunes filles de la haute société ne pensent qu’à se marier avec le plus noble et le plus riche garçon. Le garçon lui espère trouver la plus riche héritière, la plus belle fille et la plus docile. Tout au long du roman de jeunes gens se pavanent dans des dîners interminables.

Page après page ce n’est que  balades à cheval, repas,  bals, regards échangés, sourires en coin, soupirs, confidences,crises d’hystérie et longues siestes pour se remettre de ces journées chargées.

950 pages plus loin, Julien Green raconte, la première scène d’amour de sexe. En une ou deux lignes le lecteur apprend que Elisabeth a découvert l’amour.

Père, j’ai fait une bêtise avec Elizabeth et de la façon la plus complète. Depuis hier…. c’est une femme.

Et voilà tout est dit. Notre fougueuse héroïne va se retrouver en moins de deux mariée. Le problème c’est qu’elle est amoureuse d’un autre. Un homme mystérieux et dangereux.

J’ai trouvé ce roman chiant, long, dégoulinant de mièvrerie. Mais pour être honnête je ne pense pas avoir totalement gâché mon temps.

Car dans Les pays lointains Julien Green avec une belle plume, un brin trop mystique, nous dépeint une société agonisante par excès de bigoterie, d’affectation, de pudibonderie et de faux semblant. Bon la question de l’esclavage est survolée.

Les femmes même les plus rebelles n’ont que deux choix: se soumettre à l’homme, à la société bien pensante ou se retirer du monde.

J’ai choisi cet extrait où Ned, le tout jeune époux de Elizabeth écoute les conseils de son père sur :  » Comment réussir son mariage. » 

_ Comme un nombre considérable de femmes, en Amérique et ailleurs, Amélia n’a jamais connu le plaisir, ce qui s’appelle le plaisir.

_Ah?

_Oui. De là ce merveilleux équilibre presque olympien. Alors, veille, toi aussi, à l’équilibre de ton Elizabeth. Qu’elle reste comme Amélia qui voit régulièrement son partenaire en proie à une sorte de crise à laquelle elle ne comprend rien. Vois-tu ce que je veux dire?

-Oui, fit Ned en torturant une petite fleur qu’il venait d’arracher à un buisson.

_Il est préférable qu’il en soit ainsi avec les femmes, poursuivit Charlie Jones d’une voix grave. Autrement on risque de faire d’elles …. hum…. des obsédées, je m’excuse du terme.

_Des obsédées!

_C’est comme je te le dis, mon garçon. Dois-je être plus précis? Mais quoi, nous sommes entre hommes. Elles peuvent même devenir des hystériques.

_Oh!

_Parfaitement. Avec la dépravation des mœurs actuelles, l’Angleterre en est pleine.

_Mais, Papa, c’est monstrueux. Que font ces malheureuses?

_Elles écrivent des romans.

Ned le regarda, éberlué

_Des romans! Oh! Papa, qu’elle horreur!

_Mais certaines ont un talent de tous les diables, le public les adore…..

_Ecoute bien ce que je vais te dire et retiens-le, fit Charlie Jones. Quand tu es avec elle, à certains moments… tu me suis?

_Mais oui.

_Sois égoïste, sois bref…. Pour le reste, il y a les femmes de plaisir.

Et puis surtout j’ai appris que le mint julep (les personnages en boivent à longueur de journée) a inspiré le célèbre mojito. Alors TCHIN TCHIN!!

Bon maintenant il me reste à lire le tome II Les étoiles du Sud; la guerre arrive au galop avec ses canons.

Chez Brize
Chez Brize
Publicités

10 réflexions au sujet de « des pays lointains »

  1. A mourir de rire ! Tu as bien choisi ton passage…
    Tu crois qu’il est toujours édité ? Je vais voir. Dans cette histoire, j’y passerai bien quelques heures.
    Sinon, j’ai lu plusieurs fois Scarlett et Rhett.
    Bonne journée !

    J'aime

    1. Je savais que ça te plairait, enfin le roman; tu es plus romantique que moi 🙂 . Je serai ravie de te les passer. Ils étaient dans le lot de livres qu’on m’a donné.

      Bon je vais aux courses pour les dents de loup et antipasti 🙂
      baccioni a te

      J'aime

  2. Ah ! Ah ! Je n’aurais jamais eu le courage de lire ce pavé (et dommage que tu ne te sois pas inscrite, mais le cœur y était, je vois bien !), mais c’était une bonne lecture estivale et tu nous en fais bien profiter : merci 🙂 !

    J'aime

  3. Alors en vrac, le style a l’air un peu ampoulé mais le coup des romans pour les femmes obsédées et qui s’ennuient est pas mal.
    Je n’ai jamais vu Autant en emporte le vent et je n’ai même pas envie de le voir.
    Les inexprimables pour les dessous ?? Mais alors comment exprimer ce qu’il y au dessous des dessous ?? Moi j’aurais plutôt choisi les imprévisibles…. 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Tu as décroché la médaille d’or du commentaire 🙂
      Et surtout j’adore ta dernière phrase. Qu’est-ce que j’ai ri.
      Imprévisible c’est le meilleur adjectif qui s’accorde merveilleusement bien au masculin 🙂

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s