La maison des Autres

 

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La maison des Autres est le premier tome de la série La Grande Patience de Bernard Clavel. Cette série en compte quatre (La Maison des autres (1962);  Celui qui voulait voir la mer (1963);  Le Cœur des vivants (1964);  Les fruits de l’hiver (1968) (Prix Goncourt)

Quand j’ai commencé ce roman, j’ai pensé cette histoire « sent la naphtaline ». Qui parle encore de  Bernard Clavel?

Et bien quel dommage!!

Je suis emballée!    Il y a tout ce que j’attends d’un roman: une histoire prenante, des personnages au caractère fort, un style. Et puis finalement c’est très  actuel.  C’est  une lecture qui permet de comprendre l’évolution de la société française. Comment peut -on dire que c’était mieux avant?

L’histoire se passe à la fin des années trente, à l’époque du front populaire. Julien,un jeune apprenti pâtissier va découvrir « la vie » dans la maison des autres, celle des Petiot. Son instituteur aurait souhaité qu’il continue les études, mais il préfère aider ses parents, de modestes boulangers à la retraite. Il veut aussi prouver à son père qu’il est un garçon bien, travailleur. Il veut que son père soit fier de lui.

C’est à cause de ce besoin de reconnaissance paternelle qu’il va accepter d’être exploité  par son patron. Le père Petiot est une ordure, qui mène tous ses employés à la baguette. Julien travaille quinze heures par jour, est payé une misère, dort avec les punaises et parfois reçoit des coups par Petiot. Il va vivre deux ans d’enfer dans cette maison.

C’est encore une époque où les patrons ont tout les droits. Petiot, un avorton incompétent, hâbleur, grande gueule ne se gêne pas en plus pour abuser de la bonne, une pauvre fille qui n’a plus que son père, un alcoolique violent.

Bernard Clavel est un conteur extraordinaire, je suis prise par cette histoire. J’ai mis mes pas dans ceux  du jeune apprenti de quatorze ans. C’est une lecture passionnante où on voit comment il était dur de lutter contre les injustices. Les syndicats ont beaucoup de mal à se faire entendre.

C’est avec plaisir que je vais me plonger dans les autres tomes.

« Mais qu’est-ce que tu crois donc, pauvre mec, que je ne suis pas capable de faire une langouste à la bordelaise? C’est ça que tu crois? Pauvre imbécile, tu ne me connais pas. Mais la cuisine, c’est mon premier métier. J’ai fait à bouffer pour des rois, pour des ministres et des présidents de la République. Espèce de merdeux. Je le tuerais, cet avorton, si je ne me retenais pas! »

« Bon Dieu de bon Dieu, le petit patronat est encore plus dangereux que la grosse entreprise. Quand il y a trois ou quatre ouvriers dans une boîte, le patron les tient avec des conneries, des bricoles, des avantages de rien, une espèce de fausse camaraderie qui lui rapporte gros. Et en fin de compte, jamais personne ne se plaint. »

 

 

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8 réflexions au sujet de « La maison des Autres »

    1. Je trouve que cet auteur pourrait être étudié au collège, lycée. Je ne comprends pas pourquoi il est à ce point oublié. Il a une étiquette d’auteur populaire.
      C’est bien écrit et au moins il y a une histoire, une vraie.

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    1. A la fin des années 70, ils ont fait un téléfilm à partir de cette histoire. Je revois l’acteur qui a incarné Petiot, mais je ne sais plus son nom. Quand on se plonge dans ce roman on n’a pas envie de le lâcher. J’espère que j’aurai autant de plaisir avec les suivants.

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  1. C’est vrai que plus personne n’en parle de cet auteur. Je ne l’ai jamais lu mais je me souviens gamin avoir vu certains de ces livres chez moi. Comme tu le dis, si on globalise au niveau du monde, rien n’a changé depuis…c’est désolant ! Belles lectures !

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    1. Merci Mind, je pense qu’au niveau social? droit des travailleurs,en France nous régressons. Si les gens, les jeunes actifs avaient connaissance du chemin parcouru entre cette période et aujourd’hui ils s’impliqueraient davantage au niveau syndical. J’ai vu il n’y a pas si longtemps des patrons maçons traiter comme de « la merde » de jeunes apprentis. Et en cuisine ce n’est pas toujours rose. Ce n’est pas au niveau du livre évidemment.

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