Les affligés

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J’ai flashé sur la couverture et le titre! Je voulais une histoire forte et émouvante, qui prend aux tripes et laisse KO.  Dans le résumé de la quatrième tous les ingrédients étaient réunis pour faire une formidable histoire.

Mais voila, Les affligés, c’est plein de promesses non tenues!

Australie 1919, le pays est ravagé par la grippe espagnole. Quinn Walker est de retour chez lui, dans sa petite ville. Il revient d’Europe, défiguré, les poumons brûlés par les gaz moutardes .

Il avait disparu dix ans plus tôt, accusé du viol et du meurtre de sa petite sœur. Personne ne l’a oublié, mais on ne le recherche plus car les gens pensent qu’il est mort depuis tout ce temps.

Seule sa mère, agonisante  car victime de cette grippe, croit toujours à son innocence. Quinn se terre dans la campagne, il a peur de rencontrer des gens, d’être reconnu et de finir pendu. Evidemment il est innocent, et  connaît le coupable.

Dans les collines il rencontre une petite fille, orpheline qui survit seule, toute sa famille a été décimée……

A partir de ce moment je ne crois plus en cette histoire, la gamine semble posséder des pouvoirs un peu extraordinaires, elle sait tout de lui et elle est tellement plus dégourdie.

L’auteur Chris Womersley aurait pu faire un roman remarquable, mais l’écriture est trop scolaire. C’est plat, les dialogues ne sont pas crédibles car tous les personnages s’expriment de la même façon. Ça manque de punch, de piment, d’actions, de violence….. C’est plan-plan, fade et sans originalité!!!

A la page 174,  j’abandonne la lecture, je n’en peux plus de patauger dans l’ennui.

Je suis contrariée, je n’aime pas trop abandonner un roman. Les affligés a été finaliste de tous les grands prix littéraires en Australie et Chris Womersley est considéré comme l’un des meilleurs écrivains australiens. Ça n’a pas du tout fonctionné avec moi!

 

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Petites scènes capitales

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J’ai fini ce livre et une chose me vient en tête: avec la vie on ne sait pas. Dans Petites scènes capitales il est surtout question de grandes peines, de pertes et d’abandons.

Lili a onze mois lorsque sa mère quitte le domicile conjugal et les abandonne, elle et son père. Elle ne la reverra jamais car elle disparaît en pleine mer quelques années plus tard. Le père a détruit tous les souvenirs et refuse de parler d’elle. Il a même changé le prénom de la petite fille. Liliane dite Lili s’appelle en réalité Barbara. Mais ce prénom avait été choisi par la mère, alors il faut aussi l’effacer.

Puis un jour, le père refait sa vie avec une femme flanquée de quatre enfants, dont des jumelles de l’âge de Lili. Elle n’arrivera jamais à trouver sa place au milieu de cette grande famille recomposée et un père trop distant. Et puis d’autres drames vont venir, la mort de la grand-mère tant aimée, puis celle accidentelle d’une jumelle un beau dimanche ensoleillé.

Le petit monde de Sylvie Germain est celui des familles ordinaires où l’on règle ses comptes affectifs. Les choses n’arrivent jamais comme on croit. Ce roman ne peut pas laisser le lecteur indifférent! Elle nous raconte le quotidien qui lentement se délite face aux aléas de la vie.

C’est beau, sobre et juste. Ce que nous dit ce roman c’est que la vie n’est pas un chemin prédéfini. Les personnages traversent de grandes crises, ils font leur vie et voient s’éteindre leurs illusions.

Est-ce que Lili va surmonter les difficultés?

 

Au final Sylvie Germain nous raconte la vie, entre bonheurs et colères. Nous laissant parfois le cœur serré…

« Barbara, son prénom à la fois officiel et clandestin, assigné au silence. Sa mère, elle, se prénommait Fanny. Elle n’a jamais eu le temps de l’appeler maman, et elle n’a jamais eu l’occasion d’employer ce mot, réservé aux enfants de sa belle-mère.  Elle appelle Viviane mère, tandis que les filles et le fil de celle-ci disent père à Gabriel, qu’elle seule nomme papa. Dans cette famille, chacun est sensé se tenir à sa place et agir et parler en conséquence. »

 » Elles ont toutes quatorze ans, Christine, Chantal et Lili. Mais l’une n’ira pas au-delà de cette limite, les deux autres si, et cela n’a aucun sens. Il n’y aura pas de chiffre quinze à fêter à trois, donc pas d’anniversaire du tout…. « 

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7/47

Dans les forêts de Sibérie

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Oh mon Dieu! c’est ballot je ne sais pas quoi dire. Ou plutôt je ne sais pas comment le dire!

J’ai à la fois aimé et détesté ce livre. J’ai sauté des passages très barbants et cependant  j’étais triste à la dernière page, de quitter la compagnie de Sylvain Tesson (pourtant qu’est ce qu’il est pénible!!)

Un jour Sylvain Tesson a dit: Stop! Je ne joue plus! J’arrête! Il a voulu changer de vie, faire une pause, rompre avec le quotidien. Il est parti six mois se réfugier dans une cabane perdue dans la taïga.

Jour après jour, il a noté ses impressions, ses routines qu’il partage avec nous dans ces 290 pages.

J’ai beaucoup aimé la première moitié du livre. C’est vivant, frais (tu m’étonnes il fait entre moins quarante et moins trente!!) on découvre en même temps que lui la vie en presque totale autarcie au fin fond de la Sibérie (bon comme il a fait de très grosses réserves de nourritures, il ne court pas après son steak de rennes dans la neige. De toute façon il n’a pas pris d’armes à feu. Il se nourrit surtout des poissons qu’il pêche dans un trou de glace).

Il essaie d’expliquer les raisons de cette retraite. Il a des réflexions très intéressantes qui nous poussent à nous questionner nous aussi sur notre propre vie. J’ai aimé ses descriptions de la nature. Il savoure « les petits riens » qui font les grands bonheurs. C’est un livre de sagesse pour apprendre à respirer, à souffler, observer la nature. La pause, c’est d’abord un état d’esprit, une manière de regarder le monde. Avec les journées qui s’étirent, lui le parisien branché a gardé la capacité d’émerveillement. Il m’a donné envie de lire les livres qu’il a emportés avec lui.

Puis au fil du temps qui passe, la lecture devient ennuyante, il devient redondant, il tourne en rond dans sa cabane et picole sec!  il  s’enivre seul ou avec ses visiteurs russes. Finalement il est loin d’être un ermite avec les visites presque hebdomadaires de ses voisins. Des gardes forestiers habitent aussi au milieu de la taïga pour lutter contre le braconnage. (Eux même sont plus ou moins braconniers…)

Parfois il est franchement agaçant avec sa vision un peu moralisante sur la croissance, la société de consommation. Il se croit investi d’une mission, sauver le monde de la crise. Mais tout le monde n’a pas la possibilité de se retirer de la société pour vivre uniquement des produits de la nature, de la pêche et de la cueillette.

Son écriture est très exigeante, et son vocabulaire recherché. Plus d’une fois j’ai dû chercher des mots dans le dictionnaire (érémitisme, les anastomoses,  sa satrapie,  l’hiver benthique...)

Lisez le, vous aurez vous aussi l’envie de faire un truc fou. Moi je suis partie 2 h dans ma cabane (l’abri au fond du jardin) planter des semis pour préparer l’arrivée du printemps. Entre ma réalité intérieure et ma réalité extérieure je vis un chaos total.

p108: « Dans le monde que j’ai quitté, la présence des autres exerce un contrôle sur les actes. Elle maintient dans la discipline. En ville sans le regard de nos voisins, nous nous comporterions moins élégamment…

L’ennui ne me fait aucune peur. Il y a morsure plus douloureuse: le chagrin de ne pas partager avec un être aimé la beauté des moments vécus. La solitude: ce que les autres perdent à n’être pas auprès de celui qui l’éprouve. »

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Les lieux sombres

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J’ai lu ce roman de Gillian Flynn . À la fin de la première page, j’étais captivée, enlevée par cette écriture.

C’est l’histoire de Libby Day qui à l’age de sept ans voit sa mère et ses sœurs se faire tuer. C’est l’histoire de Ben Day, le grand frère qui depuis vingt quatre ans croupit en prison accusé du meurtre de sa famille.

D’abord, une construction bien ficelée qui alterne différents points de vue : celui d’un narrateur extérieur qui raconte heure par heure ce terrible 2 janvier 1985. Celui de Libby devenue une jeune femme traumatisée par son passé et qui enfin veut savoir, si son frère est le vrai coupable.

Et si c’était quelqu’un d’autre qui avait décimé sa famille. Peut-être le père, un gros raté de son état, rongé par l’alcool, il a gâché sa vie, celle de sa femme et de ses quatre enfants et ruiné la famille.

Ce thriller est bien plus qu’un thriller!

Tout semble évident, mais ça ne l’est pas. Le titre Les lieux sombres raconte un peu de l’histoire.

C’est la ferme où la mère et ses enfants survivent difficilement, c’est le lycée où Ben, paria social subit l’humiliation d’être pauvre . C’est aussi la psychologie de tous ces personnages, des écorchés vifs, broyés par le système.

Et c’est une peinture sombre de l’Amérique. Avec d’un côté la jeunesse perdue et sa cruelle bêtise et de l’autre l’ultralibéralisme et les difficultés de la vie.

Je l’ai lu avidement en quelques heures  au détriment de faire un grand nombre d’autres choses. Impossible de le lâcher, l’histoire va dans un crescendo déchirant. L’auteur m’a emmenée à l’intérieur des cœurs de ses personnages. (j’avais envie de leur dire « vous arrêtez vos conneries!!! ») 

J’avais beaucoup aimé Les Apparences, mais Les Lieux sombres le surpasse.

En fait je n’ai qu’une seule chose à dire: c’est une histoire incroyable, point final!

 

p46:  » En vérité, cependant, je n’étais pas fière de ma famille. Personne n’avait jamais aimé les Day. Mon père, Runner Day, était dingue, alcoolique et violent, sans flamboyance, un petit homme aux poings sournois. Ma mère avait eu quatre enfants dont elle ne parvenait pas à s’occuper correctement. Des gosses pauvres d’une ferme en faillite, puants et manimpulateurs, se présentant toujours à l’école dans le besoin: petit déjeuner sauté, chemises déchirées, morveux et enroués. Mes deux soeurs et moi avions été à l’origine d’au moins trois invasions de poux au cours de notre bref séjour à l’école primaire. Saletés de Day. »

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En finir avec Eddy Bellegueule

 

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Le roman En finir avec Eddy Bellegeule a été la révélation littéraire de l’année 2014. Non mais on est sérieux là???

Dans ce récit autobiographique Edouard louis raconte ses années d’enfance et d’adolescence au fin fond de la Picardie. Il grandit dans une famille pauvre, le père alcoolique, ne peut plus travailler depuis qu’il s’est bousillé le dos à l’usine. La mère avec un travail ingrat, « laver le cul des vieux, des vieux en train de mourir » gagne péniblement l’argent du foyer. Nous sommes dans le Germinal des temps modernes. Bienvenue chez les prolos!!! Tous des dégénérés??

Eddy Bellegueule a la double peine, il est homosexuel et il a l’envie de s’en sortir. Il veut faire des études pour ne pas travailler à l’usine comme son père, son frère, ses cousins, ses voisins…. Il est différent, et dans ce milieu social la différence est très mal perçue. Pendant de longues années il va subir les moqueries des autres enfants, mais aussi des membres de sa famille; « Tu peux pas arrêter avec tes grands gestes de folle..pédé, enculé… Bouffe les mollards pédale… »  Il sera quotidiennement humilié, frappé.

Dans un langage cru, l’auteur décrit la vie des laissés pour compte. Dans cette bourgade où le chômage sévit, les gens sont tous alcooliques dès le plus jeune âge, racistes, homophobes, machistes, incultes, vulgaires. C’est le règne de la violence.

Je n’ai pas aimé ce roman pour plusieurs raisons.

Dès les premières pages j’ai eu une sensation de déjà vu, déjà lu. Annie Ernaux dans ses romans La Place, La Honte raconte aussi, mais avec beaucoup plus de talent  la France d’en bas. Ce n’est donc pas quelque chose de nouveau comme je l’ai lu un peu partout.

En littérature tout est permis, mais à partir du moment où il met en scène des gens qui existent vraiment, sa famille, ses amis, ses voisins on peut se demander quelle est la part de vérité dans son récit?

J’ai la sensation d’une démarche malhonnête, il utilise le langage des siens pour créer une oeuvre littéraire. Je trouve qu’il y a double trahison.Quelque part il vole leurs mots pour mieux les accuser, les mettre au pilori!!! Ces gens qu’il décrit n’ont pas de droit de réponse.

J’ai aussi l’impression qu’il travesti la réalité pour la rendre encore plus glauque. Manque t-il de distance, de détachement? Par exemple lorsqu’il raconte la fausse couche de sa mère, il n’utilise jamais le mot de fausse couche et laisse croire aux lecteurs que sa mère a accouché dans les toilettes. « Avant de me mettre au monde elle avait perdu un enfant. Elle ne s’y attendait pas, elle avait perdu l’enfant dans les toilettes, c’est arrivé comme ça, sans prévenir.. » Il nous manipule, en nous donnant à lire que sa version tronquée des faits.  » Je pensais que j’étais constipée, ça me faisait mal au ventre comme quand je suis constipée. J’ai couru jusque dans les chiottes, et c’est là que j’ai entendu le bruit, le plouf. Quand j’ai regardé, j’ai vu le gosse, alors je savais pas quoi faire, j’ai eu peur, et, comme une conne, j’ai tiré la chasse d’eau, je ne savais pas quoi faire moi. Le gosse il voulait pas partir donc j’ai pris la brosse à chiotte pour le faire dégager en même temps que je tirais la chasse d’eau. » Cette description est insoutenable, car nous les lecteurs, nous voyons un bébé qu’une mère essaie de faire disparaître dans la cuvette des WC. Alors que cette femme a expulsé un embryon minuscule et non viable. Mais elle n’a pas les mots corrects pour raconter cette chose atroce qu’elle a vécue.

Je me suis ennuyée dans cette lecture, car dans ces 203 pages il y a beaucoup de redits, et finalement aucune surprise, je sais en tournant la page ce qui va se passer.

Je n’ai pas eu d’empathie pour ce personnage, car je trouve qu’il est une enveloppe vide. Je ne comprends pas la démarche de l’auteur Edouard Louis. A-t-il voulu se venger de ces années noires, a-t-il voulu faire « une étude sociologique »  et mettre en avant la misère économique, affective, intellectuelle, sexuelle de cette catégorie sociale.

Je trouve aussi insupportable, le fait d’être spectateur de ces vies, et de ressentir quelque part un mépris pour ces gens. Il nous met dans la peau de juges, sans nous donner  tous les éléments nécessaires pour comprendre. Ils sont tous coupables. La messe est dite, fermons le livre! Heureusement nous n’appartenons pas à ce milieu.

 

Finalement il peut être heureux car il connaît la gloire grâce à ces gens qui l’ont fait souffrir et qu’à son tour il détruit. Chapeau l’artiste!

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4/47

Des mille et une façons de quitter la Moldavie

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Pourquoi ce roman?

 

J’étais ressortie essorée par ma lecture du roman de Pascal Manoukian Les échoués où il est question d’immigration. Je ne peux pas oublier  Virgile, un Moldave à la recherche d’une vie meilleure pour lui et sa famille.

Et sans le billet du blog Le capharnaüm éclairé,   je n’aurais jamais acheté et lu ce roman Des mille et une façon de quitter la Moldavie.

Ne dîtes jamais à un Moldave« Ce pays tu l’aimes où tu le quittes » (pour reprendre une phrase célèbre),car les Moldaves n’ont qu’une envie, quitter leur pays. Ils pensent à l’ Italie, parlent de l’Italie, rêvent de l’Italie. C’est leur terre promise, leur pays de cocagne. Mais que l’Italie est loin pour qui n’a jamais quitté sa maison. D’ailleurs existe -t-il ce pays où une femme de ménage peut gagner plus de mille euros par mois???

Les Moldaves n’ont pas le choix, pour vivre ils doivent partir. Tous les moyens sont bons, et peu importe la manière, les risques encourus. Bref toute la Moldavie ne parle que de ça. Même le président veut quitter son pays. La population émigre pour échapper à la situation désespérée que connaît cette République depuis son indépendance en 1991.

Ce roman a un grand pouvoir comique, les personnages sont haut en couleur, ils ont le verbe facile et l’exagération constante. Ils vivent des aventures burlesques, avec toujours cet objectif fuir la Moldavie. Il y a des passages à mourir de rire. Par exemple quand ils décident d’apprendre à jouer au curling pour participer aux jeux olympiques. Le but n’est pas d’être doué au curling, mais d’obtenir des documents officiels pour partir.

Mais ce n’est pas seulement un roman comique, c’est aussi une critique féroce sur la politique menée dans ce pays, sur la société Moldave et sur le Moldave lui même. L’auteur a réussi à mélanger cocasserie et vérité. Il a beaucoup de tendresse pour ses personnages, ses compatriotes. Le Moldave apparaît comme intrépide, hâbleur, vantard, menteur et croyant à ses mensonges, paresseux, alcoolique, ingénieux.

J’ ai envie de les voir réussir leur entreprise, mais peur de les croiser.  Et surtout je n’ai aucune envie d’aller faire du tourisme là-bas. Alors que c’est peut-être un de ces endroits que j’aimerais d’amour immédiatement….

 

Mais où se trouve donc la Moldavie? Qu’est ce donc que ce pays dont on n’entend jamais parler? En cherchant une carte de la Moldavie, je suis tombée sur ce blog de voyage. Les auteurs racontent leur bref séjour dans ce pays….Je crois qu’ils avaient eux aussi, qu’une hâte, quitter la Moldavie. Ils ont intitulés leur billet La Moldavie ça secoue, j’ai hélas envie d’ajouter La Moldavie, ça tue les Moldaves.

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A cause de ce roman l’auteur a été interrogé plusieurs fois par le Procureur général de la République. Et il a lui même quitté le pays.

 

« Ce pays, c’est la Moldavie, pays le plus pauvre d’Europe, pays dont les habitants, d’après les chiffres de l’OMS, boivent plus de vin que partout ailleurs dans le monde.

Pour dissimuler son émigration clandestine en Europe, le président de ce pays fit croire à sa disparition dans un crash aérien.

Pays de l’absurde et de l’amour, pays dont un habitant sur quatre a émigré, pays organisant une croisade moderne vers l’Europe. Moldavie… »

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3/47

Les Echoués

 

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Tout au long de cette lecture j’ai souvent eu la tentation de mettre mes mains devant mes yeux, comme je le fais en regardant un film d’épouvante, pour ne plus voir toutes ces souffrances, ces horreurs, pour ne pas savoir…

Mon fils a lu ce roman avant moi et c’est lui qui a écrit cette chronique. Nous avons beaucoup discuté de ce roman qui nous a profondément marqués. C’était bien de pouvoir en parler, d’échanger.

Fiston: « Pascal Manoukian est directeur éditorial de l’agence de presse Capa et auteur. Il est aussi reporter et a couvert la plupart des grands conflits qui ont frappé le monde entre 1975 et 1995. Son livre  Les Échoués  paraît après son premier livre  Le diable au creux de la main  où il raconte les conflits qu’il a couverts pendant 20 ans.

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Les Échoués  est un roman racontant l’histoire de plusieurs migrants dans la France de 1990, on suit le déroulement d’une migration à travers différents points de vues et existences, les unes plus épouvantables et choquantes que les autres. Malgré le fait que ces péripéties se déroulent en 1990, ce récit relatant des événements passés n’a jamais été autant d’actualité.

Le roman se déroule en 1991/1992, le mur de Berlin vient de chuter, libérant son flot de population longtemps enfermée dans le bloc soviétique. La France traverse une crise économique et l’immigration est devenue un sujet politique majeur.

Ce livre raconte le voyage à travers quatre vies : celle de Virgil, jeune père de famille Moldave, haineux des communistes et de ce qu’ils ont apporté, quittant son pays pour la France  pensant y trouver le travail et le salaire qui va avec afin de pouvoir y vivre avec sa famille.

Assan et Imam, un père et sa fille fuyant la Somalie, sa barbarie, la folie de certains hommes de guerre.

Et enfin Chancal, un jeune bangalis quittant son pays pour la France afin de pouvoir nourrir sa famille restée sur place.

Le récit s’articule sur une flèche chronologique, où lorsque l’on est un immigrant, d’abord on quitte son pays. Le roman commence donc sur les différents parcours que nos héros vont suivre pour arriver en France, laissant les horreurs de leurs pays derrière eux, mais en affrontant de nouvelles.

Il n’y a pas d’immigration sans passeurs, qui sont un engrenage essentiel de ce mécanisme. Ils font voyager les migrants de manières inhumaines et périlleuses, à des prix exorbitants. Le danger permanent est une constante du voyage« vingt fois il avait sauvé sa fille du viol en la traitant comme un garçon quand les trafiquants venaient se servir en filles dans le convoi -… Vingt fois il l’avait empêchée de tomber d’un camion et de pourrir en plein désert en l’attachant à lui. ».

La violence et l’horreur accompagnent nos héros tout le long de leur voyage, cette sauvagerie est un élément clé de la prise de conscience du lecteur. Elle nous permet non pas de comprendre, car cela est impossible de comprendre de telles atrocités, mais d’avoir un aperçu de ce que ces gens subissent. Elle est un électrochoc, nous plongeant dans ce que vécurent, vivent et vivront des centaines de milliers de gens.

Cette violence ne quittera pas nos héros du livre, elle est le fil directeur de leurs aventures.

L’arrivée en France est à la fois un émerveillement mais aussi un contrecoup brutal. Vient le temps de trouver une cachette, dormir dans un entrepôt, dans un trou au milieu d’une forêt Parisienne…

Il s’agit maintenant pour nos héros de survivre, ne pas se faire remarquer tout en travaillant pour de véritables négriers des temps modernes.

Chancal est un vendeur de roses, Virgil et Assan eux, travaillent sur le chantier d’un immeuble, dont les premiers étages sont gérés par des sociétés de constructions normales, et les derniers par toute une organisation qui travaille au noir, dans des conditions déplorables. Cette image est forte et symbolique, elle nous montre que la misère et l’horreur sont à deux pas de chez nous, et non pas à des milliers de kilomètres comme on le pense. Les ouvriers des étages inférieurs ont un syndicat, une sécurité du travail, des pauses, un salaire correct, tandis que nos héros risquent leur vie tous les jours pour « du huit francs la journée ».

Cette promiscuité entre la misère des migrants et les Français est présente tout le roman, elle représente à la fois l’ignorance et l’incompréhension des habitants, qui à cette époque, ne se doutent pas encore que ces migrants étaient seulement les pionniers d’une longue et douloureuse entreprise. « Désormais, on arrivait clandestinement du monde entier pour chercher du travail. Aucune frontière, aucune mer ne se montrait assez menaçante pour décourager les candidats à l’exil. Les années quatre-vingt seraient les années de l’immigration du désespoir ; une bonne part du monde préférant mourir noyée que de mourir de faim. »

Le roman est une « leçon » d’humanité, et en même temps une explication parmi d’autre sur l’immigration actuelle et les problèmes qui y sont liés. Pour l’auteur, cette immigration laissée à l’abandon , sans aucune solidarité, est une des conséquences du Djihadisme et les autres formes d’extrémisme du Moyen-Orient et d’Afrique: « En Afghanistan, en Somalie, ils décapitaient et lapidaient déjà, invoquant une religion que lui ne reconnaissait plus. Partout, ces attardés réclamaient le sang du saint Coran, s’essuyant les pieds sur la fois de millions de musulmans comme lui, les désignant du doigt aux frontières, aux aéroports, aux entretiens d’embauche. Des bataillons que personne ne voyait grossir. Bientôt, ils lèveraient des armées, revendiqueraient des califats, piétineraient les dictateurs, recruteraient jusqu’en Normandie, braderaient la Shahada (profession de foi de l’islam) en convertissant les paumés et les petits caïds pour grossir leurs rangs ».

 

Ces personnages n’existent pas, mais sont le résultat d’un assemblage de « petits bouts d’échoués »qu’il a croisés en Afghanistan, en Somalie,à Dacca… »

Vous pouvez aller lire le billet de Sandrion, nous l’avons lu la même semaine. Nous avons fait une lecture commune sans le savoir. Et elle a été aussi marquée que nous.

 

« Les yeux qui ont vu des montagnes

n’auront jamais peur des collines »

Proverbe Africain

 

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2/47

Faillir être flingué

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Dans Faillir être flingué il y a tout ce que j’attends d’un bon roman: une belle écriture, des personnages forts, une histoire prenante, du dépaysement.

Cécile Minard nous offre la possibilité de vivre l’aventure de la conquête de l’ouest en pyjama. Au fil de la lecture on croise des colons en chariot, une indienne seule survivante de sa tribu exterminée, une enfant perdue, des cow-boys qui cherchent la fortune, des éleveurs de moutons, des voleurs de chevaux, une tenancière de bar moitié maquerelle, un jeune homme qui fuit son père, des tribus indiennes, une musicienne,  des chasseurs de primes…

Tous ces personnages marchent vers leur destin. Ils vont traverser de rudes épreuves, et tenteront d’échapper à la mort (d’où le titre).

Quand on plonge dans ce roman, on ne sait pas où on va, mais on y va. Chaque page tournée est une nouvelle aventure, histoire ….

Pendant ma lecture,j’avais envie de dire, ne me dérangez pas, je suis emportée dans un déluge, brûlée par le soleil…je suis dans les grandes plaines, je suis une indienne …, je suis en train de traverser une rivière en crue….

Cécile Minard est extraordinairement douée!!  Elle réussit à nous donner la vision de ce qu’on lit, de rendre vivant ses êtres de papier. Je suis au cinéma! mieux qu’au cinéma!   je découvre une formidable épopée.

J’oublie souvent mes lectures, mais Faillir être flingué est un livre qui va peupler mon imaginaire pour longtemps. Il y a tout la dedans, de la poésie, du bruit, de la fureur, de bons sentiments, du rire, des frissons, les grands espaces avec des paysages grandioses….en un seul mot, l’aventure.

Je ne veux pas vous en dire plus, pour vous laisser le plaisir d’être aussi surpris que moi je l’ai été.

Premières phrases: « Le chariot n;en finissait plus d’avancer. La grand-mère à l’arrière criait de toutes ses forces contre la terre et les cahots, contre l’air qui remplissait encore ses poumons. 

Quand elle ne dormait pas profondément, insensible au monde, sourde, aveugle et enfin muette, elle criait furieusement dans le tunnel de toile qu’elle avait désigné comme son premier cercueil en s’y asseyant, au début du voyage. »

Prix du livre inter 2014

 

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PAL et plan orsec 2016

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Le challenge plan orsec pour PAL en danger reprend chez Georges.  Allez chez elle pour avoir tous les renseignements, il y a même une page Facebook.

La PAL ou pile à lire, ce sont tous les livres achetés ou offerts, qui attendent  sur les étagères. « Les blogueurs, blogueuses littéraires » souffrent d’un mal étrange qui s’appelle accumulation!!!

Parfois la pile devient montagne et ça peut faire peur!!! Alors le blogueur décide de prendre les grands moyens. Il lance  une bouteille à la mer, un SOS à la blogosphère, un challenge pour enfin lire tous ces livres, qu’un jour il a achetés!!!

En réalité il nage dans le bonheur, car il sait bien que c’est surtout du plaisir à venir. Il espère tomber sur LE LIVRE, la pépite, le nomber one, le préféré!!!!. Il met des cœurs partout, des OH et des AH, des points d’exclamation et il fait le maximum de bruit!

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et toi qu’est-ce que tu fais???? Tu sors ton petit carnet, tu notes, et vite vite, tu pars les pieds gelés et la goutte au nez à ta librairie favorite en croisant les doigts: « pourvu qu’ils aient CE trésor ».

 

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Et voilà!!! pas plus compliqué que ça (mais y a aussi que parfois cette merveille et ben tu te rends compte que c’est de la daube,icon_razz mais chut!! ça c’est rare; il faut bien choisir son fournisseur….et moi les miens ils sont vachement bien!)

 

Pour cette année, voici ma PAL j’ai fait uniquement la liste des livres que j’ai très très très envie de lire. J’ai compté, il y a aujourd’hui exactement 47 romans et quelques BD

Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux, Kate Atkinson

Mudwwoman, Joyce Carol Oates

Dandy, Richard Krawiec

Un ciel rouge le matin, Paul Lynch

Le monde à l’endroit, Ron Rash

En finir avec Eddy Bellegueule, Edouard Louis (lu) 2950807625 992729132

Petites scènes capitales, Sylvie Germain  (lu)

La fractale des raviolis, Pierre Raufast

Au revoir là-haut, Pierre Lemaître

◊ Ambiguïtés, Elliot Perlman

◊ Yellow Birds, Kevin Powers

◊ A moi seul bien des personnages, John Irving

◊ Profanes, Jeanne Benameur

◊ Les oreilles de Buster, Maria Ernestam

Les lieux sombres, Gillian Flynn   (lu)7161

◊ Le quatrième mur, Sorj Chalandon

◊ Les affligés, Chris Womersley  (abandon à la page 174!) 3631628791

◊ Sanctuaire, William Faulkner

◊ Des mille et une façons de quitter la MOLDAVIE, Vladimir Lortchenkov (lu)  icon_biggrin

◊ Le vin de la jeunesse, John Fante

◊ L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S.SPIVET, Reif Larsen

◊ La cage entrebâillée, Lao She

◊ Celui qui voulait voir la mer, Bernard Clavel

◊ Le cœur des vivants, Bernard Clavel

◊ Les fruits de l.hiver, Bernard Clavel

◊ Le testament d’un poète juif assassiné, Elie Wiesel

◊ La poussière des ombres, Barbara Hambly

◊ La joueuse de go, Shan Sa

◊ La voleuse de livres, Markus Zusak

◊ La fille sauvage, Jim Fergus

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson  (lu) 523930672 et crow on a envie de partir loin

◊ Le cas Sneijder, Jean-Paul Dubois

◊ Raison et sentiments, Jane Austen

◊ Un plaisir trop bref,Truman Capote

◊ Mohawk, Richard Russo

◊ Une relation dangereuse, Douglas Kennedy

◊ Noces indiennes, Sharon Maas

◊ Monnè, outrages et défis, Ahmadou Kourouma

Les échoués, Pascal Manoukian  (lu) ♥ affraid

◊ Ébène, Ryszard Kapuscinski

◊ La nuit des calligraphes, Yasmine Ghata

◊ Voyage d’une Parisienne à Lhassa, Alexandra David-Néel

◊ Les eaux mortes du Mékong, Kim Lefèvre

◊ Inconnu à cette adresse, Kressmann Taylor

◊ La chambre de la reine, Juliette Benzoni

◊ Le roi des Halles, Juliette Benzoni

Faillir être flingué, Céline Minard (lu) ♥7161

 

Je vais éviter de dire des promesses que je ne tiendrai pas, j’espère sortir 1 livre de ma PAL par mois. C’est peu, mais si j’y arrive je serai très contente! (parce que entre temps il y aura tous les titres que j’aurai notés dans le carnet à tentations, et la PAL gonfle avec les livres de la médiathèque ou les craquages intempestifs)

Lorsque j’aurai lu et chroniqué un roman de cette liste, je le cocherai et ferai un lien sur ma fabuleuse chronique! Et vous verrez l’étagère se vider

Si jamais un petit plan à plusieurs vous tente, une LC, une lecture commune quoi! on peut se caler un rendez-vous.

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