Dans les forêts de Sibérie

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Oh mon Dieu! c’est ballot je ne sais pas quoi dire. Ou plutôt je ne sais pas comment le dire!

J’ai à la fois aimé et détesté ce livre. J’ai sauté des passages très barbants et cependant  j’étais triste à la dernière page, de quitter la compagnie de Sylvain Tesson (pourtant qu’est ce qu’il est pénible!!)

Un jour Sylvain Tesson a dit: Stop! Je ne joue plus! J’arrête! Il a voulu changer de vie, faire une pause, rompre avec le quotidien. Il est parti six mois se réfugier dans une cabane perdue dans la taïga.

Jour après jour, il a noté ses impressions, ses routines qu’il partage avec nous dans ces 290 pages.

J’ai beaucoup aimé la première moitié du livre. C’est vivant, frais (tu m’étonnes il fait entre moins quarante et moins trente!!) on découvre en même temps que lui la vie en presque totale autarcie au fin fond de la Sibérie (bon comme il a fait de très grosses réserves de nourritures, il ne court pas après son steak de rennes dans la neige. De toute façon il n’a pas pris d’armes à feu. Il se nourrit surtout des poissons qu’il pêche dans un trou de glace).

Il essaie d’expliquer les raisons de cette retraite. Il a des réflexions très intéressantes qui nous poussent à nous questionner nous aussi sur notre propre vie. J’ai aimé ses descriptions de la nature. Il savoure « les petits riens » qui font les grands bonheurs. C’est un livre de sagesse pour apprendre à respirer, à souffler, observer la nature. La pause, c’est d’abord un état d’esprit, une manière de regarder le monde. Avec les journées qui s’étirent, lui le parisien branché a gardé la capacité d’émerveillement. Il m’a donné envie de lire les livres qu’il a emportés avec lui.

Puis au fil du temps qui passe, la lecture devient ennuyante, il devient redondant, il tourne en rond dans sa cabane et picole sec!  il  s’enivre seul ou avec ses visiteurs russes. Finalement il est loin d’être un ermite avec les visites presque hebdomadaires de ses voisins. Des gardes forestiers habitent aussi au milieu de la taïga pour lutter contre le braconnage. (Eux même sont plus ou moins braconniers…)

Parfois il est franchement agaçant avec sa vision un peu moralisante sur la croissance, la société de consommation. Il se croit investi d’une mission, sauver le monde de la crise. Mais tout le monde n’a pas la possibilité de se retirer de la société pour vivre uniquement des produits de la nature, de la pêche et de la cueillette.

Son écriture est très exigeante, et son vocabulaire recherché. Plus d’une fois j’ai dû chercher des mots dans le dictionnaire (érémitisme, les anastomoses,  sa satrapie,  l’hiver benthique...)

Lisez le, vous aurez vous aussi l’envie de faire un truc fou. Moi je suis partie 2 h dans ma cabane (l’abri au fond du jardin) planter des semis pour préparer l’arrivée du printemps. Entre ma réalité intérieure et ma réalité extérieure je vis un chaos total.

p108: « Dans le monde que j’ai quitté, la présence des autres exerce un contrôle sur les actes. Elle maintient dans la discipline. En ville sans le regard de nos voisins, nous nous comporterions moins élégamment…

L’ennui ne me fait aucune peur. Il y a morsure plus douloureuse: le chagrin de ne pas partager avec un être aimé la beauté des moments vécus. La solitude: ce que les autres perdent à n’être pas auprès de celui qui l’éprouve. »

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Promenons nous dans les bois


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Je savais qu’avec Bill Bryson je passerais un excellent moment. En lisant American Rigolos , j’étais morte de rire. Ce gars américain d’origine, a un humour très british. Bon il s’est marié à une Anglaise et a passé la moitié de sa vie en Grande Bretagne.

De retour dans son pays, il décide un jour de faire l’Appalachian Trail, un sentier long de 3500 km, du Maine à la Georgie. (Je me demande bien pourquoi je précise, je suis incapable de situer ces deux états sur la carte des USA. Oh oh, avouez, vous aussi!! . N’ayons pas honte. Nous sommes tous plus ou moins mauvais en géographie.) Bryson connaît bien ses lecteurs, il a mis une carte dans le livre.

Comme il n’est pas totalement cinglé et qu’il sait que les bois regorgent d’une multitude de dangers divers et imprévisibles, il cherche un compagnon de route. Et là je ne vous raconte pas le compagnon de voyage qu’il se choisit!!!! D’ailleurs sa femme lui dit: « Tu pars en forêt pendant des semaines avec quelqu’un que tu as à peine vu depuis vingt-cinq ans. As-tu réfléchis à ça? a-t-elle demandé avec l’air d’insinuer que je n’avais de toute façon jamais réfléchis à rien… Vous n’avez rien en commun….. Ça va être l’enfer. »

J’ai A-DO-RÉ!!!! Moi aussi je reviens de là-bas. Là-bas c’était loin, vert. C’était des étendues montagneuses sauvages, la faim, le froid, la pluie. « Ca ne semblait pas le bout du monde. Juste l’enfer en fait. »

Non mais c’est juste pour vous faire peur!!! Quand Bill Bryson raconte son aventure c’est hilarant. Mais pas seulement, il y a des moments forts, de l’amitié, des rencontres (parfois des complètement dingues!!) et puis on apprend plein de trucs sur les arbres qui meurent dans l’indifférence générale.

Je suis si emballée que j’ai même sorti mes chaussures de randonnée!

Si vous ne savez pas quoi lire (ce qui m’étonnerait franchement), je vous le conseille; surtout pendant ces longs mois d’hiver. Vous aurez l’impression de faire un voyage. Bienvenue sur le chemin des Appalaches; vous allez vous croire invincible.

Du coup je cherche quelqu’un pour partir en randonnée 😉 je nous vois déjà marcher le long des sentiers en espérant ne pas trop souffrir.

 

L’homme itinérant

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Romain Potocki est journaliste, grand reporter, réalisateur et photographe. Pour son travail il  sillonne le monde depuis qu’il a vingt ans.  Son objectif premier est de rencontrer l’Autre, si différent et pourtant si semblable.

L’homme itinérant est la compilation de tous les mails qu’il a envoyés à ses proches. Ce n’est pas un récit de voyages, ni un roman, ni un recueil de poèmes; c’est un peu tout ça à la fois. C’est mon livre de chevet actuellement. J’adore ouvrir une page au hasard et lire ses mots. Son écriture se déguste comme celle de Christian Bobin. (à petites doses)

A travers ses mails qui commencent  par « Cher tous, »il partage ses émotions riches et rares. Son regard sur le monde est différent, bienveillant et positif.

J’adore ce livre! Comment ne pas se laisser prendre, quand je lis:  » Cher tous qui vivez dans la grisaille parisienne ou au soleil du reste du monde, mon petit doigt me dit que vous avez bien besoin d’un petit voyage. »

« Cher tous, j’ai fait un voyage. Un de plus, oui, mais un des plus lointains. Un voyage qui m’a amené à passer mon anniversaire à l’hôpital psychiatrique, tout au nord des quartiers nord de Marseille- longtemps, la tradition fut de mettre les fous et les pauvres ensemble à l’hospice,et surtout de les mettre le plus loin possible de la ville, et ça n’a pas beaucoup changé. »

« Une nouvelle journée d’Afrique est comme une vie bien remplie: à la tombée de la nuit, les images reviennent en foule, bigarrées et sonores, et l’on est étonné que si peu d’heures puissent contenir tant de sensations et de sourires… »

« Je vais tenter ici de vous faire un petit itinéraire vers le bonheur et vers le toit du monde. »

C’est magnifique et j’avais bien envie de recopier tout le livre. J’ai voyagé différemment avec lui et je me suis sentie merveilleusement bien.

Ici vous découvrirez son site de photos. A voir!!!

et ici son blog

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American rigolos

 

Ne vous fiez pas à cette couverture, ridicule .
Ne vous fiez pas à cette couverture .

Bon le titre français est un peu ridicule. Le titre initial est Chroniques d’un grand pays.

Bill Bryson est journaliste, écrivain. Il écrit des chroniques dans des journaux et à déjà publié plusieurs livres sur ses voyages.

American rigolos n’est ni un roman ni un carnet de voyages; mais une compilation de chroniques (77, oui je les ai comptées) sur les petits travers de la société américaine.

Bryson Américain d’origine a fait son nid en Angleterre, il a épousé une Anglaise, travaillé pour le Times et d’autres magazines britanniques. Vingt ans plus tard, il décide presque sur un coup de tête de revenir vivre en Amérique avec sa famille.

Et pour notre plus grand plaisir il a écrit ses impressions lors des retrouvailles avec son pays.

C’est drôle, surprenant, un peu exagéré parfois. Mais qu’est-ce qu’elle fait du bien cette lecture! Il se moque avec un mélange de férocité et d’amour de ces concitoyens. Au passage il n’oublie pas d’égratigner sa femme.

« Ma femme trouve que dans la vie américaine tout ou presque est vraiment merveilleux. Elle adore que quelqu’un se charge pour elle d’emballer ses achats au supermarché. Elle adore les pichets d’eau glacée et les petites boîtes d’allumettes qu’on met gracieusement à sa disposition. Elle pense qu’un des sommets de la civilisation consiste à pouvoir se faire livrer des pizzas à domicile »

Il sait rire aussi de lui (c’est ça le vrai humour). Il se retrouve un peu déboussolé dans cette nouvelle Amérique, qui est loin des souvenirs nostalgiques de son enfance. Sous une plume tendre et un peu moqueuse il fait revivre son père. « Mon père, qui, comme tous les pères, semblait parfois s’entraîner pour le concours de l’homme le plus ennuyeux du monde, avait l’habitude, quand j’étais gamins, d’annoncer à haute voix, avec force commentaires, l’Etat d’origine de toutes les voitures rencontrées sur la route. »

Il y a des passages assez ahurissants sur le rapport des Américains avec leur voiture, la nourriture, la consommation et leur goût effréné pour les gadgets, l’administration…

Ce n’est pas du tout un livre anti Américain, car c’est avec beaucoup d’affection qu’il regarde ce pays.

J’ai adoré, c’est hilarant, bien écrit, et au final instructif. Du coup je me suis plongée dans un autre de ses livres, Promenons nous dans les bois.

Je suis fan!!!

Allez quelques phrases pour conclure:

« – Mon chou, ici on ne vit plus dans un monde réel. On vit dans le New Hampshire. »

« La Nouvelle-Angleterre, comme me l’expliquait récemment un ami, connaît trois saisons: on sort de l’hiver, on va vers l’hiver, on est en hiver. »

« Quoique la télévision américaine soit complètement débile, qu’elle vous donne envie de pleurer, de vous arracher les cheveux et de balancer des tomates sur l’écran, curieusement son attrait est irrésistible. »

Sur la piste de Tarzan

 

Dommage la couverture n'est pas attirante. J'ai oublié de citer la maison d'édition: Les moutons électriques :)
Dommage la couverture n’est pas attirante. J’ai oublié de citer la maison d’édition: Les moutons électriques 🙂

Je suis rentrée!

Comme promis lors de l’article précédent, je vais vous raconter dans le moindre détail mon voyage.

En compagnie de Simon Sanahujas et Gwen Dubourthoumieu, je suis « partie » au Gabon Sur la piste de Tarzan!!! (ben oui on peut voyager de son canapé…. et puis « faute de grives on mange des merles »).

Sur la piste de Tarzan est à la fois un livre de voyages, d’aventures, de photos et presque un roman. En 2009 l’écrivain Sanahujas et le photographe Dubourthoumieu ont le projet farfelu de partir au Gabon pour retrouver la trace de Tarzan.

Qui ne connait pas Tarzan? C’est un mythe. Nous avons tous vu au moins un film (non?), il y en a eu tant!

 

TARZAN

Mais Tarzan, l’homme singe est un personnage imaginé par  Edgar Rice Burroughs en 1912.

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« Tarzan est le fils d’aristocrates anglais qui ont été débarqués dans la jungle africaine suite à une mutinerie. À la mort de ses parents, Tarzan est recueilli par une tribu de grand singes que Burroughs appelle les orangs, une espèce inconnue de la science mais qui partage des caractéristiques communes avec les gorilles, les chimpanzés et les premiers hominidés, en particulier une forme primitive de langage. En orang, Tarzan signifie peau blanche, mais son véritable nom est John Clayton III, Lord Greystoke. 

Ayant dû survivre dans la jungle depuis sa plus tendre enfance, Tarzan montre des capacités physiques supérieures à celles des athlètes du monde civilisé. Il est aussi doté d’un intellect supérieur et il apprend l’anglais seul en utilisant les livres d’images qu’avaient emportés ses parents. Contrairement à la plupart de ses incarnations cinématographiques, le Tarzan des romans parle un anglais parfait.

Ce n’est qu’une fois adulte que Tarzan rencontre des humains pour la première fois. Il se rend alors en Amérique (Baltimore) mais finit par rejeter la civilisation moderne et retourne dans la jungle. Au fil de ses aventures, il découvre des cités oubliées comme celle d’Opar ou des mondes perdus comme celui de Pal-ul-don… » (pris ici)

Ces deux aventuriers un peu cinglés se sont totalement inspirés du roman. Ils ont voulu vérifier « l’éventuelle vraisemblance » de l’histoire car Edgard Rice Burroughs précise dès les premières pages du roman Tarzan of the Apes, qu’il rapporte un récit authentique. Tarzan aurait vraiment existé!!!  Ils veulent retrouver tous les lieux importants dans la vie de l’homme singe, vérifier si la forêt décrite par Burroughs est bien celle du Gabon. Ils veulent aussi retrouver l’espèce de grands singes qui éleva Tarzan.

Contrairement à Tarzan qui est né au milieu des bêtes sauvages et qui a rejoint un court moment la civilisation, Simon et Gwen font le chemin inverse. Ils partent de la civilisation pour « s’enfoncer dans la sauvagerie ».

Cela donne un livre passionnant. C’est très bien écrit, ça se lit comme un roman. J’ai partagé leurs aventures, leurs galères. Est-ce que vous connaissez l’émission Les routes de l’impossible? Leur voyage c’est exactement ça!

On apprend beaucoup sur le pays, la politique, l’économie, les paysages, les us et coutumes, les superstitions et rites….

Le Gabon : ….c’est grandiose……. Il y a des fleurs partout, c’est propre, et surtout….on y mange bien !!!  AHHAHHA ce n’est pas tout à fait ça !  Ils ont vécu des expériences assez traumatisantes (enfin pour moi qui suis trouillarde, c’est pour ça que c’est confortable de voyager grâce aux livres).

Donc je suis de retour. Bref : une rando géniale, j’ai adoré ! (et sniff sniff je n’ai pas encore trouvé de Tarzan.. même en slip léopard)

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